Ce que le sport professionnel rend visible des transitions professionnelles

Hier, la Suisse jouait son premier titre de championne du monde de hockey sur glace. À domicile, à Zurich, devant un public qui a rempli la Swiss Life Arena jusqu'au dernier siège lors de chacun des matchs de ce tournoi. Après la finale perdue en 2024 à Prague. Après la finale perdue en 2025 à Stockholm. La troisième tentative. Le même pays qui regarde.
L'or est allé à la Finlande. Trois finales, trois fois sans titre.
Qui a vu ce match comprend déjà quelque chose de ce que signifie se présenter encore et encore au plus haut niveau après un échec. Et combien il est douloureux que le résultat ne vienne malgré tout pas.
Pour celles et ceux d'entre nous qui travaillent dans le domaine des transitions professionnelles, le match d'hier était plus que du sport. C'était la version la plus publique de quelque chose que nous observons chaque semaine dans notre pratique de coaching.
Trois finales
Le parcours de l'équipe suisse de hockey sur glace ne convainc pas en raison d'un match isolé, mais en raison de l'arc dans son ensemble. Deux finales mondiales consécutives, toutes deux perdues. Une année entière de préparation entre chacune. Le même groupe de joueurs qui a décidé de revenir, en sachant que tout le pays regardait, en sachant qu'ils pouvaient échouer à nouveau. Et ayant ensuite échoué à nouveau.
Cela exige une forme particulière de résilience. Pas la version des affiches de motivation. La vraie : la disposition à réintégrer une situation de forte pression après un résultat douloureux, à refaire le travail une fois encore, sans la moindre garantie que l'issue sera différente cette fois-ci. La soirée d'hier a montré que, parfois, même avec une préparation juste, le résultat ne vient pas. Cela ne diminue en rien le travail accompli. Cela rend d'autant plus remarquable la disposition à le fournir de nouveau.
Nous avons accompagné l'an dernier un client, un cadre supérieur, qui a atteint le dernier tour d'un processus de recherche au niveau du conseil d'administration et n'a pas été retenu. Il s'est repositionné, a ajusté son récit, a reconstruit sa confiance en lui et est entré six mois plus tard dans un nouveau processus. Il a de nouveau atteint le dernier tour. Il n'a de nouveau pas été retenu. Lorsque nous nous sommes retrouvés après ce second refus, il n'était question ni de son CV ni de son positionnement. Il était question de savoir s'il pouvait trouver la conviction de se présenter une troisième fois avec une énergie et une assurance véritables. Il l'a pu. Il occupe aujourd'hui cette fonction.
L'équipe suisse se trouve à présent devant exactement cette question. Le parallèle n'est pas décoratif. Il est structurel.
La transition n'est pas une interruption, elle fait partie de la carrière
Le sport professionnel rend visible quelque chose que la culture d'entreprise peine encore à accepter. Les transitions ne sont pas des pauses dans une carrière. Elles font partie de la carrière elle-même.
Considérez la semaine de Timo Meier. Trois buts et huit assists en huit matchs de tournoi. Puis une suspension qui l'a entièrement écarté de la demi-finale. Son équipe a gagné 6:0 sans lui. Et hier, il était de retour sur la glace pour la finale, dans une situation de forte pression qui avait évolué en son absence.
Dans le sport, personne ne trouve cette succession inhabituelle. Les joueurs changent d'équipe, s'adaptent à de nouveaux systèmes, reviennent après des revers, se disputent des places qu'ils occupaient auparavant sans contestation et réinventent leur contribution aux différentes étapes de leur carrière. Ces déplacements sont encadrés par un coaching, soutenus et traités comme des défis professionnels. Le langage qui les entoure est factuel, non pas contrit.
Dans le monde des affaires, les mêmes dynamiques se produisent en permanence. Un cadre est écarté par restructuration d'une fonction qu'il occupait depuis une décennie. Une spécialiste expérimentée constate que le marché a bougé pendant qu'elle était concentrée sur l'interne. Un dirigeant reprend un mandat plus large et constate que ce qui fonctionnait auparavant ne se transpose pas automatiquement. Mais le récit est différent. La transition porte toujours un stigmate. Elle est traitée comme quelque chose que l'on doit expliquer, plutôt que comme quelque chose que l'on navigue bien.
Le sport recadre cela entièrement. La transition devient une discipline, non une disruption.
C'est aussi la raison pour laquelle Timo Meier est ambassadeur de marque de Grass & Partner. Non pas en raison des buts ou des points, même si ses statistiques de tournoi parlent d'elles-mêmes. Ce que nous admirons chez Meier, c'est ce qui se passe autour des moments visibles : la constance dans la préparation, la discipline entre les matchs, la capacité à digérer un revers comme la suspension de cette semaine et à revenir avec de la concentration plutôt qu'avec de la frustration, le professionnalisme qui demeure inchangé, que les projecteurs soient allumés ou éteints.
Ce sont les mêmes qualités qui font les transitions professionnelles réussies. Non pas le talent seul, mais la posture consistant à rester professionnel sous pression, la discipline de fournir le travail même lorsque l'issue est incertaine, et la disposition à s'adapter sans abaisser ses propres exigences. C'est ce que nous observons chez nos meilleures clientes et nos meilleurs clients, et c'est ce que nous avons reconnu chez Timo Meier, bien avant ce tournoi.
Ce que montre la recherche
La recherche académique sur les transitions des athlètes appuie ce recadrage par des données. Une revue systématique d'études consacrées à la fin de carrière dans le sport professionnel a établi que la qualité de la transition dépend moins des performances passées que de deux facteurs : le sentiment d'identité de la personne au-delà de son rôle et la qualité du soutien disponible pendant le changement.
Cela remet en question une hypothèse répandue au sujet des transitions de cadres : celle voulant que les performeurs solides retombent d'eux-mêmes sur leurs pieds. Souvent, ils n'y parviennent pas, du moins pas sans un soutien structuré. Un parcours solide aide, mais lorsque l'identité est étroitement liée à une seule fonction ou organisation, l'ébranlement va plus loin que le CV ne le laisse supposer. Des recherches plus récentes sur les transitions de carrière durables dans le sport d'élite le confirment. Le soutien en matière de santé psychique, un travail identitaire proactif et une planification structurée de la transition produisent des résultats nettement meilleurs que le talent ou la force de volonté seuls.
L'équipe suisse l'avait compris. Après deux finales perdues, elle ne s'est pas simplement présentée une troisième fois en espérant que le résultat change. Elle a travaillé son jeu, ajusté sa préparation, sollicité le bon soutien et bâti autour de l'équipe une structure à la hauteur de la pression spécifique que représente une performance sur la glace nationale, sous le poids des attentes d'un pays. Roger Federer a annoncé la composition de départ en quart de finale. L'arène était complète des semaines à l'avance. La pression émotionnelle était considérable. Il fallait se préparer à cet environnement, et non seulement l'endurer.
Hier, la préparation était là. Le résultat, non. Cela arrive. Dans le sport comme dans les carrières.
Les cadres en transition font face à une version du même défi. La pression est peut-être moins publique, mais elle n'est pas moins réelle. Réintégrer le marché après un revers, se présenter avec assurance après un refus, maintenir son identité professionnelle alors que tout s'est déplacé autour de soi. Cela exige de la préparation, et non seulement de l'endurance. Et parfois la préparation est juste et le résultat prend malgré tout plus de temps que prévu.
Plus le niveau est élevé, plus le soutien importe
Aucune équipe sérieuse ne part du principe qu'un joueur talentueux n'a plus besoin de coaching. C'est l'inverse qui est vrai. Plus les enjeux sont élevés, plus la précision, le recul et le retour structuré comptent. Les athlètes de pointe ne dépassent pas le besoin de soutien. Ils en dépendent d'autant plus que la pression augmente.
La recherche sur les transitions de cadres reflète ce constat. Les dirigeants qui accèdent à des fonctions de direction générale font état de défis considérables et de turbulences émotionnelles. Le coaching est apprécié précisément parce qu'il renforce la confiance en soi, les compétences et l'identité au moment où toutes trois sont sous pression. Selon les estimations, 30 à 50 pour cent des cadres supérieurs nouvellement nommés rencontrent des difficultés au cours des dix-huit premiers mois, avec des conséquences réelles pour l'organisation.
Se repositionner après un revers, ajuster sa contribution lorsque le marché évolue, traduire une expérience acquise dans un contexte en valeur pour un autre : ce ne sont pas des signes de déclin. Dans le sport, on appelle cela de l'adaptation, et cela suscite le respect. Il devrait en aller de même dans l'économie. La réorientation professionnelle n'est pas un pis-aller pour des personnes incapables de tenir leur trajectoire antérieure. Elle est souvent la réponse la plus intelligente à un changement structurel. L'Adecco Swiss Job Market Index du premier trimestre 2026 confirme que les compétences transversales, l'autogestion, la communication, la capacité d'apprentissage et la résolution de problèmes gagnent en importance dans tous les secteurs. Le marché exige des professionnels de la transférabilité, et non seulement un passé.
Qu'il s'agisse d'un départ, d'un changement latéral, d'une promotion ou d'une réorientation complète, le principe demeure. Un soutien structuré améliore les résultats. Dans le sport, cela va de soi. Dans l'économie, cela est encore trop souvent traité comme facultatif.
Ce que la journée d'hier nous a rappelé
Hier, des millions de personnes ont regardé une équipe ayant perdu deux finales consécutives entrer sur la glace une troisième fois. Le résultat n'est pas venu. Mais la décision de revenir, de se préparer de nouveau, de se présenter de nouveau au plus haut niveau, en sachant que l'issue était incertaine, cette décision constituait déjà la partie la plus difficile.
Il en va de même pour toute transition professionnelle. Les cadres qui y parviennent en fin de compte sont rarement celles et ceux qui n'ont jamais échoué. Ce sont celles et ceux qui étaient prêts à réessayer.
Le sport professionnel rend cette vérité visible sur une scène publique. Dans l'économie, les mêmes dynamiques se jouent en silence, derrière des portes closes, dans des milliers de carrières en Suisse chaque année. Les rendre visibles, compréhensibles et bien accompagnées est le travail que nous accomplissons chaque jour chez Grass & Partner.
Chez Grass & Partner, nous accompagnons les cadres et les cadres supérieurs dans leurs transitions professionnelles, en veillant particulièrement à rendre l'expérience visible, pertinente et valorisée. Si vous-même ou une personne de votre réseau traversez une réorientation professionnelle, nous sommes à votre disposition. Contactez-nous à l'adresse
Nous contacterSources : Championnats du monde de hockey sur glace IIHF 2024, 2025, 2026 ; revue systématique de la recherche sur les transitions de carrière des athlètes (Park, Lavallee & Tod, Psychology of Sport & Exercise) ; transitions de carrière durables et soutien en santé psychique dans le sport d'élite (Frontiers in Psychology) ; coaching exécutif et transitions de cadres (Kauffman & Coutu, 2009 ; Manderscheid & Ardichvili, Human Resource Development Review) ; Adecco Swiss Job Market Index Q1 2026.
